Singue Sabour : pierre de patience - Atiq RAHIMI

Publié le par troumoulou

☆☆☆☆★

Quatrième de couverture

«Cette pierre que tu poses devant toi... devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères... à qui tu confies tout ce que tu as sur le cœur et que tu n'oses pas révéler aux autres... Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines... Comment appelle-t-on cette pierre ?»

En Afghanistan peut-être ou ailleurs, une femme veille son mari blessé. Au fond, ils ne se connaissent pas. Les heures et les jours passent tandis que la guerre approche. Et la langue de la femme se délie, tisse le récit d'une vie d'humiliations, dans l'espoir d'une possible rédemption.

Résumé

Dans une chambre, « quelque part en Afghanistan ou ailleurs », une femme veille son mari. Est-il mort ? en vie ? Dehors, des coups de feu, des pas précipités, des gémissements, puis à nouveau le silence. Dans une solitude de fin de monde, la femme se dévoile, se révèle à elle-même, prend conscience de son corps, égrène non plus le nom de Dieu mais ses souvenirs, ses rêves avortés, son mariage forcé, sa sœur vendue à un vieillard, l'honneur de la famille fondé sur l'intransigeance, l'arbitraire, et puis ces guerres fratricides qui n'en finissent jamais... Hymne à la liberté et à l'amour, Syngué sabour enfle comme un requiem, incantatoire, obsédant. Magique comme une pierre de patience.

L'auteur

Atiq RAHIMI né le 26 février 1962 à Kaboul, il fait ses études au lycée franco-afghan Estiqlal de Kaboul et étudie la littérature à l’Université de la même ville. En 1984, la guerre l’oblige à se réfugier au Pakistan où il demande et obtient l’asile politique pour la France. Depuis lors, il vit et travaille à Paris où il fait un doctorat de communication audiovisuelle à la Sorbonne. En 2004, son premier long-métrage, Terre et cendres, co-écrit avec le cinéaste iranien Kambuzia Partovi est présenté au Festival de Cannes et obtient la Prix Regard vers l'avenir. En 2008, son roman Syngué sabour : pierre de patience, écrit en français, est couronné par le prix Goncourt, puis adapté avec Jean-Claude Carrière pour le cinéma. « Je suis bouddhiste parce que j'ai conscience de ma faiblesse, je suis chrétien parce que j'avoue ma faiblesse, je suis juif parce que je me moque de ma faiblesse, je suis musulman parce que je condamne ma faiblesse, je suis athée si Dieu est tout puissant. »

Mon avis ☆☆☆☆★

"Syngué Sabour" (prix Goncourt 2008) est un roman bouleversant dans lequel une femme ose enfin parler de sa condition de femme et d'épouse en Afghanistan pendant les conflits. Elle parle à son mari plongé dans le coma depuis quelques semaines à cause d'une balle qu'il a reçu dans la nuque.

Une oeuvre vraiment émouvante et incontournable qui parle de la condition de la femme en Afghanistan.

Ceux qui ne savent pas faire l'Amour , font la guerre " !

Cette petite phrase ( page 122 ) pourrait résumer à elle seule ce magnifique roman . Tout se passe en un seul lieu ( une chambre ) et - comme au théâtre - on assiste à la mise à nu de la vie de cette femme meurtrie au plus profond de son être . L'auteur pose le problème de la position de la femme musulmane et son avilissement . Il nous pousse à réfléchir sur la religion et les interprétations des hommes. L'homme est mis face à ses contradictions. Viril avec une arme , impuissant envers la femme et l'Amour . Cette situation est exacerbée dans les pays musulmans mais existe ailleurs . Cette oeuvre est un véritable plaidoyer pour la femme .

C'est simple , dur....... et beau à la fois

Un livre court 138 pages

Publié dans Lecture

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