Le parcours du combattant pour un Burkinabe afin obtenir un visa touristique pour la france

Publié le par troumoulou

Je voudrais en quelques mots vous raconter les peripéties de notre ami, Konwossi ressortissant Burkinabe, à qui  nous avions proposé cet hiver lors d'un séjour là bas de l’accueillir chez nous afin de visiter et découvrir notre pays et qui s’est vu début septembre refuser son visa par un consulat de France à Ouagadougou Burkina qui fait fit de toute considération humaine.

 Voici un rappel des faits :

En voyage en 2010 au Burkina Faso, voyage touristique et semi associatif, visant à  effectuer un suivi d’actions d’une association cantalienne auprès d’écoles du sahel, nous avons rencontré Idriss alors directeur d'une petite école de brousse de la province du Sourou.

Actuellement notre ami occupe un poste à l'inspection académique de la ville chef lieu de la province déjà citée.

Il a donc un emploi stable, il est fonctionnaire de l’éducation nationale, à une famille et une fille de deux ans.

 C'est donc dès le mois d’avril qu’il a entamé l’ensemble des démarches afin de venir en France en aout.

 Déjà deux mois avant que l’administration Burkinabé n’est réactualisé son passeport.

Le dossier  à présenter est plutôt complexe et comprend un ensemble de pièces innombrables destinées à prouver  qu’il pourra subvenir en France à ses besoins et très complet.

Pour  lui  : 

  • passeport valide,
  •  autorisation de sortie du territoire validée par service et autorités burkinabé, 
  • attestation de congés payés valides du 10 sept au 10 octobre 2012, 
  • préreservation d'un billet d'avion départ le 11 septembre à 0h45 de Ouaga pour Toulouse  et retour le 09 octobre 2012 avec un départ de à 12h25.
  •  bordereau d'échange de 500 euros soit 335000 CFA, ce qui dit en passant représente pour lui 2 mois 1/2 de salaire.
  • Attestation d’assurance pour visa Schengen rapatriement et prise ne charge de frais médicaux

pour nous fourniture et ce pour justifier que nous pouvons assurer sa subsistance et son hebergement :

  •  Attestation d’accueil validée par la mairie d'AURILLAC. ( au passage je remercie le CCAS pour la gentillesse que j'ai toujours reçue et la rapidité et l'efficacité de réponse). 
  • Justificatifs de revenus : bulletins de salaires et avis d'imposition afin de justifier auprès du consulat français que nous pouvions prendre en charge sa subsistance
  • photocopie de nos papiers identité (passeports)

lettre d'invitation

lettre d'engagement e de caution financière ( et nous voil désormais bien fichés!!!!)

tout cet ensemble de pièces en plusieurs exemplaires.

 

Le dossier présenté était très complet, nous nous en étions lui et nous assuré sachant que à la moindre pièce ou copie manquante le dossier est renvoyé.

 Dés juillet, Konwossi a demandé son rendez vous auprès de la société privée qui traite pour le consulat français à Ouaga.

Rendez vous obtenu pour le 3 septembre soit environ 1 mois 1/2 à 2 mois qui sont écoulés déjà, et le départ prévu en aout est largement dépassé. Heureusement il peut moduler ses dates de congés puisqu’il n’occupe plus un poste sur un école.

Le 03 septembre, il dépose son dossier et repart avec un nouveau rendez vous pour le 10 septembre à 17h alors qu'il a une pré réservation d'avion pour le 11 septembre à 0h45.

 

On ne peut plus attendre le visa pour acheter le billet car pas assez de délai donc billet avion acheté le 04 septembre.

Lors du rendez vous du 10 septembre à 17h, on lui remet en quelques minutes et sans aucune explication ni considération un REFUS DE VISA, motif : "Vous n’avez pas fourni la preuve que vous disposez de moyens de subsistance suffisant pour la durée du séjour".  Et basta aucune explication – Digne du « CASSE TOI PAUVRE CON!!! » désormais célébre.

Comme vous pouvez l’imaginer c’est à la fois déception et stupéfaction, il était arrivé serein, sur de son dossier et ne s’attendait pas à cela.

 

Bilan de cette absurdité administrative : 1000 euros de frais divers (taxes, billets d'avion) perdus, frais de transport, de passeport, frais de visa, frais de dossier......plus tous les déplacements qu'à du réaliser Idriss.

Les déplacements depuis sa ville de province ont été nombreux, trajets en bus longs, fatigants et onéreux et pour les avoirs pratiqués je peux vous dire que c’est une des compagnies les moins confortables du pays.

Se rendre dans cette province du Sourou, toujours non desservie par le bitume, la moitié du trajet se fait sur piste de latérite et en ces périodes de pluie les trajets en sont encore plus difficiles.

A titre d’exemple atteindre le Sourou depuis Ouaga c’est le même calvaire que voyager du cantal vers le reste de la France. J’ai l’habitude de dire, à mes amis Burkinabe que notre cantal c’est leur SOUROU.

Pour en revenir  à la réception des ressortissants du pays au consulat français ce sont encore des méthodes dignes des réactions colonialistes. Ils oublient à mon avis qu'ils ont affaire à des humains qu'ils traitent sans aucune considération, ni respect. Et surtout l'humiliation d'être pris pour ce qu'on n'est pas et la non considération de l'individu.

Mon ami m’a dit « lors du prochain rendez vous j’espère ne pas avoir affaire à la dame du guichet 2 car elle crie toujours ».

 Et oui car in fine, après divers contact, il a obtenu une deuxième rendez vous pour le 01 octobre.

On reconstitue le dossier, il faut refaire une attestation d’accueil, la validité de la première est dépassée, de nouveau frais de timbre, plus frais d’envoi en chronopost pour être sur que cela arrive à temps

 Nouveau frais de dépôt de dossier. Après plusieurs contacts avec la compagnie d’aviation on obtient un accord de modification de date pour le billet d’avion, moyennant 250 euros.

C’est toujours mieux que repayer un billet complet. Mais là, on décale la date de départ au moins 48h après l’accord pour le visa. On n’achète plus à l’avance, là c’est une leçon que nous retiendrons.

Donc Rendez vous dépôt de dossier le 1 octobre, un nouveau rendez vous est donné pour le rendu le jeudi 04 octobre à Ouagadougou.

Idriss repart travailler 2 jours dans sa province et revient donc pour le 4 à 17h.

Et là VICTOIRE la réponse est positive, même dossier quelques mails et coups de fils supplémentaires et 40000CFA en plus.

 Ces traitements sont inadmissibles, je pense qu’il est utile que nous nous mobilisions en interpellant nos élus afin qu’ils usent du pouvoir qui est le leur pour influer sur ces décisions et permettre que tout un chacun puisse librement venir visiter notre pays et rendre visite à ses amis français.

 Que "la France pays des droits de l'homme" ne soit pas seulement un slogan.

 

Publié dans Solidarité

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solene 27/04/2014 20:05

Bonjour,
Ma famille et moi-même souhaitons inviter un burkinabé chez nous, nous avons deja entrepris les démarches mais j'aurai souhaité vu votre expérience avoir quelques conseils afin de mettre toutes les
chances de notre coté.
Merci d'avance.
Cdlt,

Soléne

Alexis 20/10/2012 13:20

Bonjour à tous. La France n'est plus le pays des droits de l'homme mais une cour de récréation réservée aux nantis et aux capitalistes sans scrupules. La situation s'est bien agravée depuis
l'entrée dans l'Europe car nous sommes dans l'espace Schengen ce qui explique les difficultés pour obtenir un visa. Mais rassurez-vous, si vous êtes Burkinabè mais très riche vous n'aurez aucun
problème...